Vu du public : Echo du conseil municipal du 16 décembre 2008

photo du conseil    

Mépris, mauvaise foi et refus du débat : telles sont les impressions qu’ont pu retenir les spectateurs présents de l’attitude du maire au cours de cette séance au cours de laquelle était en particulier débattu le budget de la commune pour 2009. Certes, une telle attitude n’est hélas pas nouvelle, mais elle s’accentue au fil des mois. Combien de temps encore les membres de la majorité municipale, quelle que soit leur appartenance, cautionneront-ils pareille dérive ?

1. Budget communal 2009 : désinvolture et écran de fumée

Quatorze minutes, montre en main, pour présenter le budget principal et le budget d’assainissement ! C’est l’exploit réussi par le maire adjoint aux finances pour exposer comment on prévoit de dépenser 31 M€, ce d’une voix monocorde et de façon parfaitement inintelligible pour quiconque n’est pas un spécialiste des finances locales, et donc pour la majorité d’un public dont on dit souhaiter la présence, mais dont on se moque comme d’une guigne.

Un exposé des orientations politiques sous-tendant le budget réduit à trois phrases lapidaires et parfaitement banales :

- maintenir les taux d’imposition

- poursuivre le maintien d’entretien du patrimoine, voire l’améliorer

- maintenir la qualité des services rendus à la population

Quelle majorité municipale oserait afficher comme ambition une diminution du service   rendu ? Et conserver des taux d’imposition qui ont été augmentés de 6 % en avril dernier, est-ce réellement un exploit ?

Aucune indication des priorités, aucune mise en perspective des investissements prévus, une communauté d’agglomération qu’on accuse de ne pas reverser aux communes certains surplus de ressources fiscales en se gardant bien de mentionner que les délégués de Gif ont voté en son temps la disparition progressive de ce mécanisme de reversement (il  a fallu toute l’obstination des élus Gif Osons l’Avenir pour arracher au maire un aveu du bout des lèvres).

Dans la plupart des communes importantes, le vote du budget est l’acte politique majeur de la majorité municipale. A Gif, cette majorité est simplement priée d’avaliser les choix du maire que les techniciens mettront en musique. Cela ne vous rappelle-t-il pas la façon dont est conduite la politique nationale ?

Trois des points abordés pendant le débat budgétaire méritent d’être relevés.

La déconfiture de l’ASMAD

L’ASMAD est l’association qui, depuis des décennies, assurait l’aide à domicile aux personnes âgées, fonction dont on conviendra qu’elle est essentielle. Depuis plusieurs années, les comptes de l’association accusaient une dérive inquiétante obligeant la commune à les renflouer d’année en année de façon de plus en plus lourde. Les élus Gif Osons l’Avenir ont rappelé que, sous le mandat précédent, les conseillers de l’opposition avaient à plusieurs reprises attiré l’attention du maire sur cette situation  et qu’il avait fallu attendre septembre 2007 pour que la majorité se décide à déclencher un audit dont les conclusions ont conduit à retirer à l’ASMAD l’aide à domicile pour la confier à un organisme spécialiste de la gestion de maisons de retraite, la SAMAREPA qui reprendra cette activité au 1° janvier 2009. Le maire a rétorqué qu’il n’était pas possible de risquer de mettre en péril la pérennité d’une mission aussi fondamentale en agissant de façon précipitée. Tous les élus en sont convenus, mais encore ne fallait-il pas confondre absence de précipitation et course de lenteur.

Le château des secrets

Le projet de budget 2009 inclut une première tranche de travaux de rénovation profonde du château de Belleville. Ces travaux sont justifiés et les élus de l’opposition avaient en novembre 2006 approuvé le lancement d’un audit patrimonial tout en regrettant qu’une telle démarche vienne si tard, après des années de travaux effectués au fil de l’eau sans cadre défini. Les élus Gif Osons l’Avenir ont exposé que, malgré d’innombrables demandes, le rapport d’audit ne leur avait été communiqué que…la veille du conseil, alors qu’il était en possession des services de la mairie depuis septembre 2007 ! A ces mêmes élus qui lui reprochaient à juste titre une véritable rétention d’information, le maire a répondu par cette phrase superbe : « Il est parfaitement normal que les élus de la majorité disposent de l’information avant l’opposition » ! Ou encore « C’est MOI qui décide du moment où communiquer une information à l’opposition ».Les élus Gif Osons l’Avenir lui ont rappelé à juste titre que tous les conseillers étaient égaux en droit. Au vu de l’absence totale des conseillers de la majorité dans le débat sur ce point (comme sur bien d’autres !), les spectateurs ont eu la légitime impression qu’à l’exception de l’adjoint concerné, aucun de ces conseillers n’avait eu la moindre velléité de prendre connaissance d’une information si précieuse et qui leur était pourtant réservée !

Financer la diminution des effectifs des écoles publiques ?

L’adoption des subventions aux associations et aux organismes extérieurs a été l’occasion pour les conseillers Gif Osons l’Avenir de rappeler leur opposition à un financement d’écoles privées situées en dehors du territoire communal (Orsay en l’occurrence). Verser des subventions à des écoles au prétexte qu’elles scolarisent des enfants résidant à Gif revient en effet à encourager la baisse des effectifs des écoles de la commune. Ils ont rappelé qu’un récent vote du Sénat a modifié la loi qui n’oblige désormais les communes à un tel financement que dans des cas extrêmement peu nombreux (en particulier, lorsque la commune de résidence des enfants n’offre pas de capacité d’accueil suffisante, ce qui est loin d’être le cas à Gif où, rentrée après rentrée, on ferme des classes !). Ils ont relevé que l’argument avancé pendant une réunion de la commission Affaires scolaires selon lequel les écoles privées seraient mieux placées que l’école publique pour accueillir des enfants difficiles était à la limite insultant pour l’école publique qui a en particulier mis en place les RASED (voir le paragraphe 4 plus loin) pour apporter un soutien personnalisé à ces élèves. Ils ont donc fait remarquer qu’en l’absence d’obligation créée par la loi, apporter des subventions était une décision politique. Ce qu’a revendiqué le maire !

2. Donnez-nous aujourd’hui notre journal quotidien

Depuis près de deux ans, la Maison de la Presse située en centre ville face à la mairie n’assure plus la distribution de la presse quotidienne (elle est même complètement fermée depuis plusieurs mois), ce qui oblige les habitants du centre à aller chercher leur journal à Coupières ou…à monter à Chevry, la boutique de la galerie marchande de l’Intermarché étant elle aussi fermée. On s’étonnera après cela que la presse quotidienne ait des problèmes.

Nous avons appris pendant le conseil deux nouvelles. Une bonne : le litige entre la gérante et la municipalité, propriétaire des murs, serait en voie de règlement et nous devrions dans un délai cependant non précisé pouvoir à nouveau assouvir notre besoin d’information. Une mauvaise : l’accord intervenu entre les parties va coûter à la commune (donc au contribuable) quelques dizaines de milliers d’euros.

3. Clair comme de l’eau…potable

La concession du service public d’alimentation en eau potable qui lie la commune et Suez Lyonnaise des Eaux arrive à échéance en février 2010. Se pose la question de savoir si la commune lance une nouvelle procédure de délégation de ce service public à une société privée ou prend directement l’exploitation du service. Chaque solution semble avoir des avantages et des inconvénients. La municipalité avait donc demandé à un cabinet extérieur spécialisé une étude destinée à éclairer son choix, ce qui ne saurait lui être reproché. Mais, fidèle à ses mauvaises habitudes et s’arc-boutant sur ses partis pris, elle a refusé d’en communiquer les résultats aux élus de l’opposition (vous savez, ceux qui sont trop bêtes pour comprendre !) arguant de ce que le sujet ayant été traité en commission, ces élus étaient très suffisamment informés pour donner un avis motivé. Question stupide de spectateur : si l’assistance à la commission était suffisante pour se faire une opinion, pourquoi la municipalité a-t-elle éprouvé le besoin de faire faire une étude ? Le plus bête des deux n’est peut-être pas celui qu’on pense.

4. Motion impossible

Le ministre de l’Education nationale a décidé de supprimer à la rentrée prochaine 3000 postes d’enseignants spécialisés exerçant dans les écoles élémentaires dans le cadre des RASED (réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficulté). Ces maîtres prennent en petit groupe les enfants ayant  des difficultés de compréhension ou des blocages de l’apprentissage. Trois interviennent dans les écoles de Gif. D’où l’émotion et la mobilisation d’un certain nombre d’enseignants, de parents d’élèves et de citoyens tout court. Les élus Gif Osons l’Avenir ont donc jugé approprié de proposer au conseil de voter une motion d’appui aux RASED.

Refus obstiné du maire de laisser le conseil débattre de cette motion au motif que « la règle » voudrait que le conseil ne doive débattre que de dossiers communaux à l’exclusion de tous sujets ayant une dimension nationale. Question : qui fixe la « règle » ? Rien dans le règlement intérieur du conseil municipal n’interdit un pareil débat. La réponse est évidente : c’est le maire et lui seul qui décide de ce qui est possible et de ce qui est interdit. Tout observateur avisé en conclura que son rêve secret est tout simplement de pouvoir se passer du conseil municipal. Les conseillers de la majorité lui donnent à l’évidence raison puisque, hormis la maire adjointe aux affaires scolaires, aucun d’eux n’est intervenu, y compris ceux qui, en coulisse, affichent un soutien aux RASED. Triste, non ?

5. Loin des yeux…

Une nouvelle preuve que moins le maire voit le conseil, mieux il se porte, c’est que le calendrier 2009 des séances affiche en tout et pour tout  5 réunions, un record absolu pour une commune de la taille de Gif. Nous savons que notre commune veut conserver un caractère rural, mais tout de même, nous ne sommes pas un village de montagne ! Le scribe de service devra donc trouver d’autres occasions d’exercer son stylet…

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