Nous leur faisons confiance

Manif à Paris

Oui, nous leur faisons confiance à ces enseignants qui font le maximum pour faire grandir nos enfants  sur tous les plans (connaissances, comportement, autonomie, confiance en soi, découverte du monde, etc). Dans chaque école, une équipe pédagogique travaille collectivement sur le long terme pour que nos enfants aient un avenir. La difficulté de leur métier nous frappe. Qui mieux que les enfants peut nous remettre en cause, nous les adultes avec nos certitudes, nos préjugés ?

Chaque parent le sait. Chaque enseignant le vit tous les jours, avec des enfants venus de tous milieux, munis de toute une variété de forces et de faiblesses. Quel autre métier doit faire face à autant d’interlocuteurs qui interpellent, qui questionnent ? Quel autre métier doit prendre en compte les caractéristiques individuelles pour un mieux collectif qui surgit dans les statistiques ? Et derrière les enfants se tiennent les parents : de nombreux parents se sentent concernés par l’école de leurs enfants mais on y trouve aussi des démissionnaires, des inquiets, des découragés, des parents peu au fait de ce qu’est une école et c’est une autre facette du métier que les enseignants doivent gérer.

C’est sans compter avec le ministre de l’Education nationale qui aligne réforme sur réforme. Elles ont toutes un relent de démagogie et de populisme et sont mises en place sans concertation avec les acteurs du terrain et sans avoir évalué les précédentes. Que dire sur la suppression du samedi matin ? Faire plaisir aux parents, au secteur du tourisme, tout en disant que l’on souhaite lutter contre l’échec scolaire ! Que dire sur la suppression des RASED, ces enseignants spécialisés qui prennent en tout petit groupe des enfants en difficultés ? N’est-ce pas une mesure purement comptable qui vise à diminuer le nombre d’enseignants ?  Sans oublier des classes surchargées comme, par exemple et pour n’en citer qu’un, en maternelle où ils sont 29-30 enfants de 3 ans. Imaginez-les tous se couvrir pour aller à la bibliothèque avec l’aide de l’enseignante et de l’ATSEM ? Donc on lutte contre l’échec scolaire mais on supprime 11 000 postes…Que dire sur les nouveaux programmes ? Plus d’apprentissage et de mémorisation aux dépens de projets structurants et ouverts sur le monde qui impliquent de la créativité (théâtre, chorale, etc). Par exemple, en CE2 (huit ans d’âge donc), la numération doit maintenant aller jusqu’au « million ». Intéressant ?! Sans doute pour leur faire comprendre l’ampleur de la crise financière !

Pour terminer, le service minimum d’accueil est une mesure qui remet en cause le droit de grève et qui pour satisfaire les parents visent à « remplacer » les enseignants grévistes par des volontaires qui n’ont que leur bonne volonté pour occuper les enfants. Le maire de Gif a choisi d’appliquer la loi sans se poser de questions et surtout sans porter ce sujet sur la place publique jugeant que cela ne méritait pas de débat. Quel mépris pour les enseignants, grévistes ou non, quel mépris pour les giffois qui désapprouvent ce choix sans avoir pu l’exprimer.

Alors oui, ils font grève et s’ils la font c’est qu’ils sont inquiets pour une école publique qu’ils sentent en danger. Le moins qu’on puisse faire est de les soutenir dans cette entreprise de résistance, et de continuer à leur faire confiance car ils le méritent. Nous nous associons également au mouvement de résistance en participant aux différentes actions menées.

Les élus de la liste « Gif, Osons l’avenir »

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